Médée

Une adaptation fidèle à l’œuvre de Müller

visuel dossier

Médée Matériau de Heiner Müller

Imaginé et interprété par Juliette Mouchonnat
Mise en scène de Thady Macnamara
Musique, Son et régie de Gabriel Bosc
Création lumières : Hervé Duvel
Assistante : Eloïse Alibi
Regard extérieur : Olivier Labiche

Médée Matériau est né d’un désir double : explorer les ramifications du Mythe de Médée et enquêter sur des écritures les plus énigmatiques de ces dernières années. Il nous conduit vers la cartographie d’une femme enfermée dans sa solitude, d’un corps qui se souvient…
Ce mythe traverse les siècles, les auteurs, l’humanité.
La Médée de Müller – la magicienne, la sorcière, la barbare – est vouée à un monde seul l’argent et le pouvoir comptent. En commettant un crime inhumain, elle deviendra la Médée que nous connaissons. Elle est cette histoire de violence, de cruauté et d’amour.
Sur un fil soigneusement déterminé au préalable, Médée retrace ce qui lui reste de son mythe. Nous sommes en dehors du temps : rien n’a encore eu lieu, tout est encore à venir.

« Je veux déchirer l’humanité en deux
Et demeurer dans le vide au milieu
Moi ni femme ni homme »

Médée Matériau est long poème de quatre pages et une très courte pièce de théâtre. Müller va à l’essentiel, à l’os. Ainsi la narration est un précipité : les personnages sont éliminés, ils ne sont que des mots prononcés par cette Médée seule. Le texte opère une tension.

La comédienne chargée de le narrer doit accepter de se perdre dans son ambiguïté tout en incarnant un langage incarné disloqué et violent : les mots sont violent dans la bouche…
Müller n’écrit pas des histoires mais des matériaux dont on peut se servir pour écrire notre propre histoire.
On peut y voir une Médée terroriste, une Médée du tiers monde… Müller nous encourage à considérer son monstre tragique comme notre propre matériel : Médée est un texte sans ponctuation ; un corps sur lequel nous devons laisser des traces.

« Avez-vous des oreilles pour ce cri ? »

Médée la barbare, la sorcière, la séductrice, la mère infanticide…
Bafouée maintenant depuis des siècles, Médée n’est plus à présent que l’ombre du mythe qu’elle était.
Cette aventurière est aujourd’hui enfermée dans une société factice, arrivée à sa date de péremption, bientôt bradée en soldes.
Avant que les membres de son corps ne soient vendus à 30 pour cent, en pièce de rechange, au profit d’une espèce en voie de simplification, il est indispensable pour Médée de se souvenir.
Afin qu’une reconstitution de l’être « féminin » et de sa jouissance soient encore possible.
Au premier chapitre d’un livre encore à venir, Médée réussira- t-elle à réécrire le geste qui jadis la rendit célèbre ?

Médée : « Que ne suis-je restée l’animal que j’étais
Avant qu’un homme ne fit de moi sa femme »

Crédit photos : Nanda Gonzague

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